commune, école, immeuble, etc

Modérateur: OcéaneO

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Par Nrico
#16483 Voilà maintenant 6 mois que le projet prend forme, petit à petit (puisque innovant, tout se doit d'être fait ou crée afin d'établir la meilleure des structures) et je suis actuellement à la recherche de foncier sans lequel il ne peut aboutir. N'étant pas agriculteur, et la fonction n'étant pas à l'heure actuelle reconnue comme métier agricole, les organismes du type SAFER ne peuvent me donner une suite sereine à ma demande, sans risquer de rentrer en concurrence avec d'autres intéressés au bien visé, face auxquels je ne ferai pas le poids lors de la commission finale de cessation de bien.

Il y a néanmoins un point, que beaucoup ne comprennent pas pour le moment, c'est le fait que de créer une structure comme celle là va permettre aux maraîchers de la région de pérenniser leur exploitation de la manière la plus naturelle qui soit, en leur donnant accès à un produit, un amendement organique à haute valeur ajoutée appelé Lombricompost, leur permettant de revitaliser leurs sols par le simple procédé d'inoculation de vers dans ces derniers et ainsi redonner à la nature ce qu'on a pu lui enlever avec l'utilisation d'engrais et pesticides chimiques.

D'un autre côté, il faut prendre aussi en considération que la matière première utilisée pour créer ce produit, c'est du fumier. Autrement dit, du déchet organique. Beaucoup d'éleveurs ont un problème de stockage, d'autres outre-passent les quotas d'épandages, calculés en fonction du taux d'absorption de l'azote par les sols, se rendant responsable pour une bonne part de la pollution des eaux de surfaces et souterraines (problème que l'on commence à peine à soulever de nos jours). L'azote contenu dans les fumiers n'étant pas minéralisé, il n'est pas stocké dans les différentes couches du sol et les traverses plus facilement, finissant dans les ruisseaux (par lessivage) ou dans les nappes phréatiques. C'est exactement la même schématique que pour les pesticides. Tous se retrouvant un jour dans nos fleuves, puis dans les océans, pour ainsi être ré-épandus par les pluies...(voir le cycle de l'eau) et on rentre ainsi dans un immense cercle vicieux.

Mais d'un autre côté, ont-ils vraiment le choix à l'heure actuelle? Comprenez bien que ce monde agricole se fait ballotter depuis des générations d'un bord à l'autre, par de nouveaux procédés toujours plus performants, incitant à utiliser ces produits chimiques sortis tout droit de surplus militaires non utilisé qu'il fallait par tous les moyens rendre rentable, tout ça pour en arriver à cette constatation, que certain connaissent bien, d'autres moins: l'état de nos propres sols ici en France (2ème pays mondial utilisateur de pesticides et herbicides) est devenu alarmant. (Voir les documentaires "Solutions Locales, pour un désordre Global", ou "Nos Enfants nous Accuseront..." pour plus de clarté)

Concernant la population de vers dans nos sol par exemple, nous sommes rendus aujourd'hui à 50-100 Kgs de vers par Hectares dans les sols arables de france. Il y a 50 ans, on en comptait pres de 2 Tonnes.
Un ancien agriculteur que j'ai rencontré dernièrement me confirmait ce problème en me racontant cette anecdote: "Oh ben c'est vrai qu'à l'époque, j'avais 2 types de plantations côtes à côtes, dont l'une nécessitait une grosse dose de pesticide. Quand je passais avec le tracteur sur la première, derrière moi, j'avais un nuage de mouettes qui venait bouffer les vers, pire qu'un chalutier qui rentrait de la pêche... et quand je passais sur l'autre plantation, (celle avec pesticides) elles me suivaient sur 2 passages, et quand elles voyaient qui avait plus rien à bouffer, elles se barraient...". C'était dans les années 70/80.

Alors quand on voit que pour un besoin de nourrir les peuples, toujours plus nombreux, on rend des sols stériles, que près de 10.000 hectares le deviennent en un an sur la superficie totale cultivable mondiale, je voit pas trop où cela peut nous mener. Maintenant, ce procédé peut renverser la tendance, et ainsi revenir à ces valeurs naturelles de cultures qui faisaient notre force il y a encore peu de temps.

Je finirai par une dernière constatation: aujourd'hui, dans la consommation de fruits et légumes, on dit qu'un produit est normal (conventionnel) lorsqu'il est fait avec des produits chimiques; on appelle un produit Bio, celui qui est fait de façon naturelle. Ma question du coup est la suivante: Est-ce qu'on ne pourrait pas faire l'inverse? donner un nom au chimique, et garder l'appellation "normale" au bio, et naturel? Encore une de ces aberrations qui composent notre monde actuel... pour plus de finances.

Maintenant, le projet lui même vise la production bio locale avant tout. Un maraîcher dont j'ai fait la connaissance il y a peu de temps étant très intéressé par le produit, il pourrai devenir le premier à utiliser le Lombricompost en Vendée et en même temps, me donner la chance de promouvoir cet "outil" en fournissant des preuves par l'exemple sur l'efficacité de ce dernier. Ce que tout le monde recherche lorsqu'on parle d'initiative inovante.

Mais même sans avoir de preuves (et il y en aura dans tous les cas), le maraîcher bio utilisant le Lombricompost vera ses dépenses diminuer: il utilisera moins d'amendement (taux d'épandage inférieur au compost classique), n'aura plus à prévenir certaines maladies (faculté du Lombricompost à fortifier la plante par les racines), diminuera l'irrigation (pouvoir tampon élevé permettant une meilleure rétention d'eau) et limitera le travail du sol (les lombrics sont des laboureurs naturels). Tout cela se répercutera sur le prix de revente des produits, rendant le bio plus accessible...

Pour ceux et celles qui aimeraient manger naturel (bio), mais qui ne peuvent pas se le permettre car "trop cher", surtout par le simple fait que presque tout le salaire part dans les factures, et qu'on ne fait qu'avec ce qu'il nous reste... Pour permettre aux producteurs de péreniser une exploitation NATURELLEMENT, pouvoir leur donner l'oportunité de vivre de leur culture... arriver à rendre plus facile la converssion en bio pour les exploitations qui ne le sont pas encore... Le tout localement. Car je ne suis qu' Nrico.
Voilà mes réponses à l'éventuelle question "mais pourquoi?"

Quant à "comment?", je suis sur le point de finaliser l'énorme travail d'information à prendre en compte pour un projet du genre. Une fois terminé, ce sera le temps de la mise en place, soit directement avec le maraîcher dont j'ai parlé, soit en créant une société moi-même. Ce sont les 2 grandes directions.

Bref, il me reste encore du travail, des gens à voir, à convaincre pour certains.

Je vous dis à bientôt, chers Lombricomposters ;)
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Par lombricolo 63
#16492 Bonjour Nrico,
tu n'as pas répondu à ma question dans la rubrique présentation,à savoir est-ce que tu pratiques déjà le lombricompostage?parce qu'on sait pas grand chose de toi ,à part ton message qui reprend des phrases que chacun connait ici,on ne sait pas si tu connais le compostage et le lombricompostage,tu dois bien avoir un peu d'expérience dans ce domaine pour espérer en faire ton métier.
J'imagine que tu sais qu'en France il existe déjà pas mal de fermes lombricoles soit en activité principale ou en à-point ou en auto-utilisation.Ton maraicher,s'il veut passer en bio, peut très bien trouver du lombricompost sur le marché sans avoir à attendre ta production et même avec la quantité de déchets générés sur son exploitation envisager de le produire lui-même.
Pour trouver du foncier tu n'as pas besoin de passer par la Safer qui est là pour faciliter l'installation des jeunes agriculteurs,tu trouves un terrain,une exploitation et si tu réunis les conditions pour entrer dans les normes de production d'un produit destiné à la vente ,tu produis ,tu vends, c'est tout(j'oubliais, tu déclares, pour les impôts).
A+
Lombricolo63
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Par lombricolo 63
#16502 Bonjour Nrico ,
je te réponds ici pour ne pas surcharger la rubrique présentation et tu devrait faire de-même.
Je connais la société dont tu parles qui a un site avec des pages très colorées et qui vend des litières avec tout un concept clé en main .J'ai répondu à leur message et j'ai eu leurs conditions sous les yeux.
Comme je te l'ai déjà dit ,les fermes lombricoles existent en France depuis plusieurs années,Il suffit de les chercher sur le net.Ces fermes ont des productions de plusieurs centaines de tonnes .Le processus qu'ils "lance" est déjà là.des agriculteurs ,des fermes équestres ,des haras transforment déjà leurs fumiers en lombricompost .
Personnellement ,j'ai décliné leur offre parce que certains de leurs arguments ont éveillés en moi de la méfiance,faut dire que j'ai déjà été échaudé, il y a quelques années, avec un autre concept,mais c'est une autre histoire.Maintenant, je dis ça mais ce n'est que mon avis chacun est assez grand pour avoir le sien.
Si ton maraicher te prête du terrain ,que tu maitrises la théorie et que ta production est sûre d'être vendue,qu'est-ce qui te manque pour lancer ton projet? si tu as besoin de conseils ,on peut peut-être t'aider?.
A+
Lombricolo63